Qui aurait pensé qu’un manque de défunts, pourrait être le symptôme d’une crise des cimetières dans la province québécoise ? Il n’y a plus assez de morts dans les cimetières, et les municipalités québécoises craignent le délabrement de ces espaces qu’elles ne peuvent plus correctement entretenir. Le journal d’information la Presse attire notre attention sur le danger de ce manque de morts, pour la survie des cimetières de province.

cimetiere quebec.

A l’origine de cette situation alarmante, une faille dans l’encadrement juridique de la crémation. Les pratiques funèbres qui, autrefois, désignaient le cimetière comme le lieu privilégié des disparus, ne sont plus d’actualité. Selon le directeur de la Fédération des coopératives funéraires, Alain Leclerc, la première responsable est l’Eglise catholique elle-même, n’ayant pas su « s’adapter à la nouvelle réalité », et a poussé la population à se tourner vers la crémation. Ainsi, le recul de la tradition religieuse et les facilités juridiques, ont permis à la crémation de devenir la pratique funéraire la plus courante. Aujourd’hui, pas moins de la moitié des morts sont incinérés, au lieu d’être enterrés au cimetière.

L’entretien des cimetières constitue une réelle difficulté et le personnel administratif est le premier à ressentir cette crise. Dans la ville de Deux-Montagnes, l’Eglise n’a pas eu d’autre choix que de faire appel aux donations, afin de remédier à la vétusté observée dans le cimetière. La responsable, Lise Maillé, a dû en appeler à la générosité des habitants de la commune, disposant d’un terrain au cimetière.

Des morts encombrants : le dur prix à payer pour le repos des défunts

Le problème n’est pas uniquement celui du choix d’une pratique mortuaire, mais également de savoir ce qu’il advient du corps du défunt. La crémation ouvre la porte à certains abus. Ainsi, la presse rapporte que l’on dépose des cendres humaines dans des lieux insolites. Une urne a été retrouvée dans un potager, alors que des nouveaux locataires souhaitaient planter des carottes.

Le prix d’un enterrement conventionnel semble être l’un des facteurs déterminants, à l’origine de l’abandon des cimetières. On leur préfère les columbariums, car, selon une habitante de Saint-Eustache, le coût est bien trop élevé pour le service effectué (environ deux cents dollars pour creuser une tombe dans le sol).

Les cimetières se détériorent, l’état des sentiers en témoigne. Bien que l’urgence de la rénovation ne soit plus à démontrer, les responsables municipaux ne disposent pas du budget nécessaire. Il faut alors s’interroger sur l’importance publique de l’entretien des cimetières, lorsque les municipalités n’ont pas d’autre recours que l’appel aux donations des particuliers.